Il s’agit du quartier de Bercy dans le 12e arrondissement de Paris. Bien avant qu’elle ne soit rattachée à la capitale française, Bercy était une petite ville au style campagnard.
Voici une première partie de l’histoire de ce quartier parisien que j’ai pu découvrir à la suite d’une exposition d’affiches dans la / le célèbre cour Saint-Emilion d’où j’ai issu le texte ci-dessous.
A bercy, l’histoire remonte à près de 6000 ans… Ainsi l’attestent les fouilles menées dans les années 1990 qui mirent à jours des milliers d’objets de la vie quotidienne : céramiques, outils, armes et autres ossements ou pollens… nos lointains ancêtres surent profiter de la proximité du fleuve, et de la protection qu’il offrait, d’un environnement riche, propice à la pêche, à la chasse, à la cueillette, puis à l’élevage et à la culture.
Certaines de ces pièces témoignent d’échanges avec de lointaines contrées : à Bercy, le commerce fluvial ne date pas d’hier ! Preuves supplémentaires, les pirogues en chêne monoxyle (taillées dans une seul pièce de bois) retrouvées sur place, restent les éléments les plus spectaculaires de ces découvertes : on peut les admirer dans une salle du musée Carnavalet spécialement aménagée à cet effet. Rançon de la gloire, elles ont donné leur nom à une rue voisine, ce qui ne va pas sans intriguer les passants ! Toutes ces trouvailles autorisent à penser que Bercy est l’un des plus anciens quartiers de la capitale. Paris serait-il né à Bercy ?…

Bercy des résidences… Au 18e siècle, il était de bon ton pour les nobles et les notables de l’est parisien de posséder sa « campagne » à Bercy. Treize résidences se succédaient alors entre les actuels boulevards de Bercy et Poniatowski. Leurs jardins descendaient en pente douce jusqu’à des terrasses aux magnifiques perspectives sur la Seine et les environs. Le chemin, dit « le chemin le long de la rivière », conduisait en particulier au château de la famille de Malon édifié d’après des plans de le Vau, architecte des bâtiments royaux, et considéré comme un chef d’oeuvre de l’art décoratif du 18e siècle.
A la révolution, les résidences sont converties en magasins à vins, des rues sont tracées à travers les jardins. Exemptées des taxes d’octroi car située à l’extérieur de Paris, la commune de Bercy créée en 1790 connaîtra, grâce au commerce du vin, un formidable essor économique, accompagné par la multiplication des guinguettes où les parisiens aiment à se retrouver et festoyer.
En 1859, l’annexion de la commune de Bercy à la capitale, et la création des entrepôts allaient porter un coup fatal aux joyeux Bercy et aux derniers vestiges du Bercy des résidences. Seuls, de ce riche passé, subsistent aujourd’hui dans le parc de Bercy l’aile droite du Petit Château, et le tracé de quelques allées telles celle de la cour Saint-Emilion et des pavillons Lheureux voisins..

Le Joyeux Bercy… Bercy fut longtemps un lieu de réjouissances populaires. La proximité du fleuve, la présence de nombreuses guinguettes et le débit de boisson, du plus modeste au plus réputé, conféraient au lieu une grande renommée.
En semaine, les négociants et leurs clients se retrouvaient au Rocher de Cancale ou aux Marronniers car aucun affaire importante ne pouvait se traiter ailleurs qu’autour d’une bonne table. Du matin au soir on assistait à un perpétuel va-et-vient de consommateurs qui possédaient leur rond de serviette et leur place attitrée. Au menu du jour on trouvait gibelotte, ragoût, merlan sauce Bercy, entrecôte marchand de vin, matelote ou friture pêchée en Seine, le tout accompagné d’un Beaujolais ou d’un Mâcon.
Le dimanche, c’était une cohue d’artistes, d’étudiants, d’ouvriers venus s’amuser ou canoter dans un cadre champêtre. On trinquait sous les tonnelles, on s’y embrassait aussi, on chantait, on dansait, on riait et les canotiers, immortalisées par Honoré Daumier, caricaturiste fameux, étaient les plus exubérants. La Seine se couvrait alors d’embarcations qui s’en allaient joyeusement explorer les contrées « lointaines » de Suresnes, de Charanton ou de Nogent…

Aujourd’hui, Bercy et devenu un quartier ainsi qu’un grand parc avec son coin nommé "Cour Saint-Emilion" en raison des entrepôts restaurés et transformés en promenades.

Seule, une partie de ces entrepôts dédiée aux vins ainsi qu’au cirque essaie de garder ses origines… avec en particulier ce chemin inaccessible au public…

A suivre…
Allez, à la révisto !